COMPRENDRE

Les rivières sont des émissaires qui rejettent directement en mer. On a jeté depuis toujours en rivière en pensant que la mer engloutissait tout. Il y a effectivement une certaine auto-épuration naturelle des rivières grâce à l’oxygénation de l’eau par les végétations des berges et aussi à l’action des
rayons ultra violets anti-bactériologiques du soleil lorsque l’eau est claire, mais le seuil d’autoépuration est souvent largement dépassé.
Comme dit le refrain méfie-toi de l’eau claire!

Dis-moi ce que tu rejettes je te dirai qui tu es.

Les déchets sont en fait le révélateur de l’économie de notre région. Le développement de l’agriculture intensive du maïs s’est fait avec une abondante utilisation de phosphate et de nitrate dont une bonne partie fertilise les terres, une autre vient se déposer dans les nappes phréatiques situées sous ces terres et une troisième qui n’a pas été absorbée par la terre, se retrouve diluée dans les cours d‘eaux proches provoquant l’eutrophisation ou la mort de l’eau.
L’élevage entraîne entre autres des rejets de lisier le plus souvent sans aucun traitement préalable.
La sylviculture : notre arrière pays reste très boisé. La grande majorité des troncs et branchages divers sont charriés par l’Adour et ses affluents. Cela est dû à un manque d’entretien des berges, à leur érosion, aux constructions diverses qui modifient le cours de l’eau. Les fortes pluies charrient les troncs déposés sur les berges…
À titre d’exemple, au barrage d’Artix en aval de Pau, ont été recueillis durant l’année 1998, 560 m3/an de macro déchets divers, 100 m3/an de bois, 10 m3/an d’aluminium/verre. 

L’industrie et l’artisanat utilisent et rejettent des emballages plastiques, polystyrène, des huiles, produits et résidus divers à effets très nocifs sur la qualité de l’eau.

Les déchets révélateurs de nos déficiences en matière d’assainissement
Il suffit de compter quelles sont les villes ou vallées en amont qui ne possèdent pas de station d’épuration pour mesurer l’état de l’insalubrité des eaux provoquant entre autres l’interdiction de baignade en rivières et parfois dans certaines plages. 
Le réseau unique mélangeant eaux de pluie et eaux usées constitue à sa sortie en mer une source de contamination bactériologique et chimique.
Une bonne partie de l’assainissement de la Côte n’est pas encore raccordée aux réseaux collectifs, donc ne passe pas par les stations d’épuration qui ont pour tâche de réaliser plusieurs opérations. À l’intérieur du Pays Basque 40% des eaux usées sont traitées, sur la côte 60% le sont. 
Décharges sauvages, versements en rivières, cours d’eau, estuaires, et océan sont encore pratiqués par un large secteur de la population et par quelques entreprises privées. Pour ce qui est du bois et plastique le problème est réel mais moins grave, puisqu’il peut être résolu par le ramassage puis le recyclage.

Le Littoral : tampon entre mer et terre. Afflux de population, l’été.
Les diverses contaminations s’entremêlent particulièrement sur le littoral, véritable cible-otage, prise en sandwich entre terre et mer. Le littoral subit en effet les agressions de la mer et de la terre (érosion des côtes, appauvrissement du milieu naturel, raréfaction des ressources, insalubrité).
Mais il participe aussi fortement à la pollution de la mer qui est à ses pieds.
L’urbanisation de la Côte s’est faite à coups de lotissements, longtemps sans souci d’environnement. Il y a une forte concentration urbaine sur la Côte Basque entre Adour et Bidassoa (150.489 hab.) avec plusieurs zones artisanales et industrielles, 3 ports de plaisance (Sokoburu, Larraldenia, Anglet), 1 port industriel de Bayonne, 3 ports de pêche (Hendaye, Ciboure- St Jean, Bayonne), les petits ports de Biarritz, Guéthary, Socoa, Caneta. Si on ajoute l’agglomération Irun-Fontarrabie (80.000 hab.), cela fait un total de 230.000
habitants. Cette concentration humaine double ou triple l’été avec le tourisme. Un peu moins de la moitié des eaux usées n’est pas encore traité comme il se doit en temps sec, l’hiver. On peut imaginer ce qui va directement en mer, l’été, par temps de pluie! L’afflux de population concernant la “saison” estivale est une
cause supplémentaire indirecte de pollution par surcharge d‘assainissement des
communes.

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