Assainissement des eaux usées

En France, la loi sur l’eau du 3 Janvier 1992, décret 94-469 du 3 Juin 1994 est la pierre angulaire de la réglementation française en matière d’assainissement
des eaux usées.
Elle est le prolongement de La directive européenne du 21 Mai 1991 qui légifère le traitement des eaux usées (cuisine, W.C., lave-linge…).
Elle donne naissance aux Contrats d’agglomération pour l’assainissement des eaux usées, des eaux de pluie et des eaux de rivière autour d’un Schema Directeur d’Aménagement et de la Gestion des Eaux (SDAGE).
Les travaux sont de deux types : le raccordement collectif avec réseaux séparatifs eaux de pluie, eaux usées et eaux salées (chlorure) et le traitement en station d’épuration.
Le travail est confié aux fermiers Lyonnaise des eaux sur la côte, Régie Autonome à Bayonne, Etchart (Agur), un autre fermier présent ailleurs est Vivendi ex Générale des eaux. Le tout est sous le contrôle de l’Agence de l’Eau.
Le traitement en station se fait en 5 étapes :
Dégrillage, dessablage, déshuilage ou dégraissage, 3 opérations pour décanter puis déshydrater. On ensemence la station de bactéries spéciales eau douce (aérobie) qui mangent la pollution, les coliformes et qui meurent à la sortie : on provoque en quelque sorte une guerre bactériologique pour que l’eau soit dégagée des bactéries pathogènes. Dans les stations récentes, il y a aussi le traitement par rayons ultra-violets. Les boues recueillies en fin de parcours servent parfois d’engrais organique et pourront être compostées. Exemple
à Archiloa, on extrait 15 Tonnes par jour de boue pour 5,5 millions de m3 d’eau (8 millions de m3, l’été). À l’avenir, il y aura une nouvelle manière d’épurer par filtration des eaux usées sur membrane (principe du filtre à café).
Contrats d’agglomération 
Sur la côte, les communes s’organisent en 4 agglomérations :
Hendaye avec 2 Stations d’épuration (Deux Jumeaux et Joncaux), en voie d’amélioration (8 MF), 50.000 équivalent/habitant. Montant engagé 1997/2001 30 MF (MF : millions de francs).
St Jean de Luz-Ciboure/Guéthary/Urrugne avec la station d’Archiloa (60.000 équivalent/habitant) construite en 1984 qui sera en réaménagement pour un coût de 8MF, une autre à Guéthary et une autre à construire à Urrugne, date non déterminée. Montant engagé 1997/2001 117 MF. 
Bidart avec une station moderne (traitement aux UV) doublée d’un rejet à la mer. Montant engagé 1997/2001 40 MF.
Sur le BAB, 5 stations : Marbella (Biarritz) mise en service en 1975, une station phare au niveau européen (100.000 éq./hab.) avec un émissaire à la mer, la STE importante du pont de l’Aveugle à Anglet (80.000 Eq/hab) et 2 à St Bernard et St Frédéric (entre 100 et 120.000 eq/hab) à Bayonne. Montant engagé 1997/2001 : 392 MF.

Aux contrats d’agglomération s’ajoutent les 3 Contrats de Rivière
(Nive, Nivelle, et Saison) qui permettent aux communes longeant les cours d’eau de donner une réponse collective aux objectifs communs : qualité de l’eau pour les Nives, lutte contre les inondations et crues, mise en valeur, pour la Nivelle et Untxin. Le Saison, seul contrat ayant obtenu l’agrément de l’État vise la mise en
valeur du patrimoine. À cela s’ajoutera le Contrat de Baie entre Nivelle et l’Artha, quand il sera adopté.
Montant engagé 1997/2001 : 290 MF. Il a pour objectif d’améliorer les eaux de la baie et d’harmoniser les usages qui en sont faits. 
Bilan: Aujourd’hui plus de 60% des eaux usées sont traitées avant le rejet en rivières ou en mer, un grand effort a été réalisé à l’intérieur des terres et sur le littoral quant à l’assainissement. Le département 64 est ainsi doté de 200 STE (Station d’épuration) dont une quinzaine couvre les 75% du volume traité. Mais il faut reconnaître que le chemin sera long avant d’atteindre les 100% qui seront exigés par la Communauté Européenne.
Un effort se fait pour éliminer les rejets sauvages : à St Jean de Luz depuis 1986, on est passé de 120 rejets directs à la mer ou dans la Nivelle à 30. Plusieurs cours d’eau comme Bittola, Baldarreta, sur la côte, ou Hasketa (Hasparren) et bien d’autres, restent à traiter.
Pour 2001, 105 millions de F de travaux d’assainissement sont engagés pour les petites communes du littoral et de l’intérieur du département. Ils proviennent à 35% du Conseil Général 64, 30% de l’Agence de l’eau (Etat), plus de la Région Aquitaine.
Le point noir est le manque de bassins d’orage qui récupèrent les eaux pour être traitées ultérieurement et de bassins de rétention qui retiennent les eaux de pluies avant qu’elles ne s’écoulent naturellement. Les pêcheurs observent que par temps d’orages, les eaux étant sales, le poisson ne reste pas près des côtes.
La ressource marine aurait un meilleur avenir si l’épuration des eaux incluait en plus de l’élimination bactériologique, une élimination chimique, la plus nocive. Il est prévu à l’avenir une épuration des phosphates.

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