Au large, opération "Itsas Garbia, Mer Propre Déchets à quai"

Des petits gestes qui soulagent l’océan !

Les jeunes pêcheurs de l’association Itsas Gasteria au Nord et ceux de Euskadiko Itsas Gaztedia au Sud ont lancé en 1996 une campagne de récupération des déchets générés par la vie à bord durant les marées et
aussi récupérés par les engins de pêche.
Avec le soutien financier de la Communauté Autonome d’Euskadi, l’Agence de
l’eau Adour Garonne, le Conseil Général 64, le Conseil Regional Aquitaine, le syndicat intercommunal St Jean – Ciboure, ce sont 400 conteneurs qui ont été mis à la disposition de tous les bateaux de pêche de Bilbao à Arcachon (150 en Aquitaine) ainsi que des poches poubelles et des boîtes pour les piles. Au total 20.000 poches ont été distribuées par les pêcheurs de Itsas Gasteria. Un d’eux a été employé pour mener à bien cette opération originale qui a le mérite de faire changer les habitudes des pêcheurs, de mobiliser les jeunes très sensibles aux problèmes d’environnement et de travailler à un niveau transfrontalier. Côté
Guipuzcoa et Biscaye, ce sont les Cofradias (coopératives) qui ont pris le relais en 1999, côté Labourd, il faudrait transmettre le relais aux organisations maritimes locales.
“Entre 1999 et fin 2000, j’ai distribué 6.000 poches poubelles aux bateaux, tous métiers confondus, et aussi à certains plaisanciers. Tous étaient contents d’avoir des poches. Plusieurs fois j’ai vérifié que les containers du port étaient remplis de ces poches gonflées par les bouteilles en plastiques, emballages, bouts de filets, cannettes de bière, pots de yaourt… etc. Donc, on peut dire que c’est une bonne action. Mais pour que ça marche, il faudrait quelqu’un en permanence aux aguets” 
 L. Dubois, jeune pêcheur porteur de l’action.
Selon l’étude faite par IMA, partenaire de l’action, 70% des navires ont joué
le jeu. Pour les navires faisant de longues marées, le problème du manque
de place pour le stockage a été soulevé.
D’autre part, de même que dans les ports, les cuves à huiles usées rendent
un bon service, il faudrait aussi installer des réservoirs pour y verser les eaux
sales, le fuel des fonds de cale, pour qu’elles soient traitées. Quoi qu’il en soit
la nouvelle Loi de 2001 contraint les pêcheurs à ne jeter en mer aucun produit,
à part ce qui est biodégradable, sous peine d’amende.

Actions contre la pollution chimique
À terre.
Depuis la loi du 15 Juillet 1975, les entreprises sont complètement responsables de leurs déchets (pollueur – payeur) Le décret du 13/7/1992 accompagné de la circulaire du 13/4/95 oblige à la valorisation ou au recyclage des déchets d’emballage. Citons Poubsac qui à Navarrenx valorise 6.500 Tonnes/an de polyéthylène et génère 65 emplois.
L’emballage plastique a fait un bond : 16,5% des déchets en 1990, 46% en 93.
À ce sujet, la CCI de Pau et de Bayonne en partenariat avec l’ADEME (Association de Défense de l’Environnement et de Maîtrise de l’Énergie) ont fait une étude qui constate que près des 50% des Déchets Industriels Banals partent dans des filières de recyclage. Autant de produits qui n’iront pas embrouiller l’existence des poissons! Cependant il y a l’autre moitié, et de plus une importante pollution chimique de l’Adour qui contamine en partie les eaux littorales.
Suite à la découverte, en France, de fûts de SEVESO remplis de dioxine, la loi de 1986 établit une police spéciale : tout gros pollueur est sous contrôle grâce à un arsenal juridique. Encore faut-il que l’infraction soit signalée! L’industriel qui pollue l’atmosphère ou cause des pluies acides doit payer une taxe parafiscale aux organismes de tutelle (DRIRE Direction Régionale de l’Industrie de la Recherche et de l’Environnement) au delà d’une puissance exercée (20 MW) ou du tonnage émis (150 T/an d’oxyde d’azote ou acide chlorhydrique) pour les taux inférieurs il n’y a pas de taxe! À terre, on arrive à remonter à la source et à engager une procédure juridique. Mais souvent le chantage à l’emploi fait classer l’affaire sans suite.
Un immense chantier est ouvert : le traitement des métaux lourds, et autres polluants envoyés par les industries situées en amont de l’estuaire de l’Adour. Au port de Bayonne, la CCI a engagé des travaux d’assainissement dans la zone de Boucau Tarnos : collecte et traitement des eaux de pluies qui drainent des produits chimiques, engrais, etc. Certaines entreprises traitent leurs eaux sales; plusieurs autres utilisent encore les cours d’eau pour se défaire des eaux polluées.
Nous entrons dans une nouvelle ère industrielle dans laquelle l’écologie ne sera pas en marge, comme une charge mal supportée par les actionnaires mais une chance. La norme ISO 14001, garantit le respect de l’environnement, le traitement des eaux dans une station adéquate, et permet à l’entreprise (Iso 9000) de faire partie des filières en amont et aval de la production et de gagner les faveurs de l’administration. La CaBAB s’engage dans son plan 2.001-2.006 à éradiquer les rejets toxiques et promouvoir un développement durable. Au nom des collectivités, les fermiers de l’eau (Lyonnaise, Agur-Etchart…) établissent, à titre incitatif, des Conventions de Projets avec les industriels.
En Juin 2001, une nouvelle Loi sur l’eau a été votée par le Parlement. Aujourd’hui, la redevance perçue par l’Agence de l’eau provient à 85% des particuliers, 14% des industriels, et moins de 1% pour les agriculteurs.
La loi instaure une taxe spécifique sur les excédents d’azote apportés par
l’agriculture et applique le principe d’équité de façon à responsabiliser
davantage chaque filière économique.

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