Il y a plusieurs témoins de la pollution de la mer :

les pêcheurs, les poissons, les crustacées, les plantes, nous-mêmes 
Les pêcheurs observateurs quotidiens

Quelques observations de pêcheurs : "entendu et vérifié"

Plusieurs bateaux ont coulé à la suite d’un choc avec un tronc d’arbre.
De moins en moins de ressources, des poissons malformés parfois en zone
côtière

Abondance de plastiques dans les filets et lignes. Le fileyeur luzien "Crésus" a ramené au port de St Jean de Luz 200 kg de déchets plastiques, remontés de 250 m de fond à 60 Km des côtes landaises sur le plateau continental. "Et c’est comme ça depuis deux mois", affirment les marins.

Des bateaux de pêche font la vidange du moteur en plein port de St-Jean de Luz. Des bateaux de commerce le font en passant au large, ni vu ni connu. Les pêcheurs Bayonnais ont observé des cargos dégazant dans la nuit, en plein port.

Phénomènes inquiétants observés par les pêcheurs de l’Adour : poissons avec de grosses tâches, pas de queue, œil manquant…

Plusieurs pêcheurs ont eu des infections sérieuses en amont de Bayonne : la "leptospirose" est la maladie dite de "l’égoutier", la bactérie "leptospire" passe par les pores et attaque le foie.

Témoignages de pêcheurs professionnels de pibales. "Au courant d’Huchet, à Moliets (Landes), cet hiver, le tamis se remplissait de galettes de goudron, issues des nettoyages des cuves et dégazages des cargos. L’an passé derrière le pont de l’autoroute, à Bayonne, à la surface de l’Adour, on a observé souvent une espèce de mousse blanche et épaisse; à la période de l’anchois (printemps) on a vu des muges morts flottants à l’embouchure de l’Adour".

Témoignages de pêcheurs amateurs en bord de mer : "je pêche la pieuvre à marée basse devant St Jean de Luz ; le coin a été saccagé par des vandales qui viennent la nuit avec des pieds de biche et barres à mines pour soulever les rochers et capturer tout ce qu’ils trouvent. Sous ces rochers, abris naturels pour les poissons, il n’y aura plus de vie pendant des années !" Antton Olazagazti.

Témoignage de Laurent Dubois, marin pêcheur, 33 ans : pêche au large.

"J’ai commencé la pêche en 1984; j’ai surtout navigué au chalut pélagique, au chalut classique et aussi au petit métier traditionnel. Depuis 17 ans, il y a un changement flagrant par rapport à la ressource. D’ici au Sud d’Oléron, il y a de moins en moins de poisson. C’est vrai que tout le monde a matraqué, mais il y a aussi une forte dose de pollution.

Je distinguerais le littoral et le large

Dans la bande côtière des 5 miles, la mer est sale, elle ressemble des fois à une décharge publique. On y trouve de tout en surface, entre les deux eaux et au fond : plastiques, bidons, bois, corps étrangers à la mer. Il arrive de remonter des poissons à l’aspect "bizarroïde", plus ou moins blessés.

Dans la Fosse, entre 150 et 400 mètres de profondeur et entre 12 et 22 miles, les coups de chalut sont en général propres. Le chalut remonte des bouts de filets perdus qui continuent à pêcher au fond, quelques bouteilles de plastiques ; il remonte aussi des ogives de missiles, des petites fusées émanant de la base militaire de Biscarosse…"

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