Double langage, incohérence et résistance 

Le double langage : annoncer une chose et pratiquer l’inverse. L’incohérence : les forces de la raison et du cœur ne font pas le poids face à ceux de l’argent et de la puissance. On sait et on a les moyens de vivre en toute harmonie entre les peuples et avec la Nature, la question est d’y mettre le prix, de renoncer à la prépondérance du profit et de la domination. En 1992, l’Onu interdit de vente une liste importante des pesticides très toxiques, mais n’interdit par leur fabrication.
Résultat, ces pesticides ultra-toxiques sont vendus aux pays du Sud occasionnant des vraies tragédies (220.000 décès en 1985) ! Une vingtaine de
Multinationales contrôlent 94% du marché mondial des produits agrochimiques.
Autre incohérence à combattre, la vente aux pays du Tiers-monde des frigos polluants interdits en Europe.
Il y a un énorme fossé entre les intentions des dirigeants de ce monde qui disent vouloir sauver la planète et leur soutien inconditionnel aux firmes multinationales. Personne ne parvient à freiner la machine à polluer. À titre d’exemple, depuis 1988, 3.000 scientifiques étudient les variations du climat de la planète; 13 ans plus tard, les États n’ont pris aucun engagement important.

Cependant, les drames des marées noires, les naufrages à la pêche et au commerce, la perte du sous-marin nucléaire Koursk et de tout son équipage, la tempête de Noël 99 qui a ravagé une partie de la France, les inondations au Nord et au Sud, les maladies transmises à l’homme par la consommation de la viande contaminée par les farines animales ont bouleversé l’opinion publique européenne. Il en est de même de l’opinion internationale frappée par les changements climatiques : ouragans, cyclones, Niño, Niña, désertification,
fonte de la banquise au Pôle Nord.
Cette opinion représente une force potentielle de changement; elle est soucieuse d’environnement, d’alimentation saine, favorable à une qualité de vie, à une meilleure qualité des eaux et au respect de la nature.
Elle met en question l’orientation productiviste. À titre d’exemple, une Coordination Nationale (française) s’est constituée en 2001 regroupant 45 associations de défense de l‘environnement, d’une vingtaine de départements de l’Ouest et du Centre. De plus en plus d’ONG (Organisation Non Gouvernementale) se mettent en place à travers le monde pour demander un commerce équitable, la remise des dettes du Tiers-monde, la lutte contre toute pollution, etc.
Cette force a du mal à fonctionner en réseau compact et représente peu de poids dans la balance, mais elle ne cesse de prendre de la dimension. Elle est une résistance face au rouleau compresseur du système économique mondial.

Urgence pour sauver la planète, respecter l’homme et la nature

La dimension politique au niveau international 

De Juin 2001 à 2005, un vaste inventaire va être réalisé par 1.500 scientifiques sous l’égide de l’ONU, intitulé “évaluation des écosystèmes pour le nouveau millénaire”, d’un coût de 21 millions de dollars. Il s’agit de faire un bulletin
de santé de la planète terre, la nôtre. Nous savons de quoi elle est malade : de famine, d’inégalité, de sécheresse, de pollution. Il est bon de reprendre la température de la “patiente”, mais pourquoi attendre encore 5 ans pour agir? Il est temps d’opérer, d’extraire les germes nocifs et de remédier aux dysfonctionnements!
L’opinion internationale peut jouer un rôle de plus en plus prépondérant pour informer, rassembler, proposer des alternatives, travailler en réseaux, être le moucheron ou la puce qui asticote l’oreille de l’éléphant. La conscience écologique actuelle est en train de provoquer de réelles convulsions au sein de la population américaine.
Un homme risque de jouer un rôle important dans l’histoire contemporaine de l’humanité, le sénateur américain Jim Jeffords, qui, ce 7 juin 2001, a décidé de quitter le camp républicain et de s’opposer à la politique environnementale du Président des États Unis, prêt à creuser l’Alaska en quête de l’or noir et hostile à la diminution des rejets de gaz à effet de serre. Ce dernier ne disposant plus d’une majorité favorable au Sénat n’aura plus les mains libres pour faire le bon vouloir des compagnies pétrolières. C’est incontestablement un signe que le bon sens est à l’œuvre dans notre humanité.
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