Marine marchande, stopper le double langage en Europe
Dans les pays de l’Union Européenne, qui contrôle 33,5% de la flotte mondiale de marine marchande, 63% des navires sont en pavillon de complaisance. Or, on sait que ces derniers sont, par leur vétusté et leur manque d’exigence pour les normes de sécurité, les plus polluants de tous les navires, ceux qui occasionnent le plus grand nombre de naufrages.
Que sert alors de signer d’une main des directives pour la qualité des eaux de mer européennes (zone des 200 nautiques, 360 km des côtes) et d’encourager de l’autre le déploiement d’une marine “hors loi communautaire”?
Il faut reconnaître cependant qu’il y a une réelle volonté de l’Union européenne dans le sens d’un plus grand contrôle et des engagements réels du gouvernement français. Faire face au manque de cohésion politique européenne en matière maritime devrait être une urgence. Les dégazages à quai devraient devenir obligatoires pour tous. Cela demanderait la création des stations de ballastage, générant des emplois. Après les contrôles Auto-bilan pourquoi pas de vrais contrôles Navire-bilan!

Pêche, un grand défi. Le respect des hommes et des poissons

La Communauté Européenne favorise la transformation à partir du poisson d’importation (10,3 Milliards d’Euro) et
l’aquaculture (2,2 Milliards d’Euro pour 1,2 Millions de Tonnes), chiffres de 1998 : tous deux sont intégrées dans la Politique Commune des Pêches. Plusieurs marques de supermarché ou entreprises de transformation ont leur propre flottille de pêche. Le premier armateur de pêche en France est Intermarché avec 35 navires. La filière espagnole Pescanova se deploie dans le monde entier.
La Pêche de l’Union Européenne (7,3 Milliards d’Euro, pour 6,2 Millions de Tonnes) a connu une réduction drastique; entre 1990 et 1998, 66.000 marins, en majorité de l’Europe du Sud, ont perdu leur emploi. Il reste aujourd’hui un peu
plus de 200.000 pêcheurs, dont les 2/3 sont en Espagne, Portugal, Grèce, Italie. Les 80% des pêcheurs européens sont à la pêche artisanale et sont quelque part “victimes” des décisions prises par les pays qui ont fortement investi dans la Transformation (barquettes, précuisinés, congelés et surgelés divers, conserverie) et fait une croix sur la pêche. Les espèces de poissons,
les hommes et les petites entreprises passent à la moulinette des exigences du marché : 59% des aides de l’Europe Bleue ont été destinées à payer la casse (élimination des navires). Les grands gagnants sont les pays du Nord de l’Europe et les entreprises qui transforment le poisson de qualité médiocre et à bas prix, les perdants sont les pêcheurs artisans de tout l’Europe qui débarquent un produit frais de bonne qualité alimentaire et gastronomique.
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