Les algues

Elles sont des signes de la pollution

Il y a l’algue rouge "gelidium" (algue de mer, naturelle) qui est cueillie et qui fournit une base à l’industrie pharmaceutique. On observe par ailleurs des phénomènes anormaux : trop d’algues ou pas assez.

Trop en rivière : du nitrate jusqu’à la lie. Le Bloom Algal : eutrophisation

La fin du printemps ou l’été apparaissent des montagnes d’algues. On appelle cela le "BLOOM algal". Cette arrivée massive est le produit de 3 facteurs :

réchauffement de l’eau
augmentation de l’ensoleillement
afflux d’eaux estuariennes riches en phosphore et nitrate.

Le phosphore provient des détergents à 33%, des résidus métaboliques (urée, excréments) à 28%, de l’excès d’engrais agricoles (18%) et de l’installation d’élevages (13%) et l’industrie (6%). Il exerce une action de fertilisant. Les eaux ainsi engraissées produisent une prolifération anormale de certaines algues de couleur verte "ulva lactuca" ou brune. Par la suite, les algues consomment tout l’oxygène disponible dans l’eau; une fois mortes, elles ont encore besoin de beaucoup d’oxygène pour leur décomposition. Cet oxygène est soustrait à l’eau, ce qui entraîne l’asphyxie de nombreuses espèces végétales et animales. Ce phénomène s’appelle "eutrophisation" ou cancer de l’eau.

Pas assez en mer : Les plongeurs sous-marins de Biarritz notamment observent la disparition d’une autre algue verte, dite "laminaire" qui est accrochée aux roches, lieux privilégiés de la reproduction des espèces.

Le limon de l’Adour déposé sur les roches, jour après jour, a fini par étouffer toute vie végétale : l’appauvrissement du phytoplancton entraîne à son tour la destruction de l’ensemble de l’écosystème. À cela s’ajoute le ratissage de ces roches sous marines par les filets. Le liguant observé par les pêcheurs dans les engins de pêche est une autre algue issue de la mer non encore analysée.

Pollution et Ressource de la mer

Dans l’état actuel des choses, les scientifiques ne peuvent pas prouver quel est le lien exact entre la pollution des eaux de surface ou du fond et la raréfaction de la ressource. Ils constatent des phénomènes épisodiques de modification des écosystèmes et se posent des questions. Pourquoi le merlu disparaît-il du Sud de la Fosse et pourquoi monte-t-il vers le Nord? Pourquoi le thon descend-il à 800 m de profondeur, dans certains cas? Pourquoi dans des eaux relativement polluées, proches des estuaires, réapparaît le Maigre qui avait disparu de nos Côtes? Pourquoi y a-t-il des parasites dans certaines pibales ? Pourquoi y a-t-il un arrivage sur la Côte Basque d’espèces tropicales : Barracuda, Baliste, Daurades coryphénes ?

En fait, il y a beaucoup d’inconnues qui se croisent, pollution, baisse de salinité de l’eau à la suite de fortes pluies, température de l’eau, courantologie… si bien que les observations apportent plus de questions que de réponses. Demeure une réalité incontournable : selon la FAO (Organisation Mondiale de l’Alimentation) 70% des espèces marines sont surexploitées, totalement exploitées ou ont disparu.

La Chaîne alimentaire marine en état d’alerte

Il faut savoir que la mer elle-même est chargée de son passé, elle possède des éléments toxiques comme tout un chacun, mais elle a son système de régulation. Il y a problème à partir du moment où elle reçoit des apports nuisibles qui fragilisent les chaînes alimentaires composées généralement de quatre niveaux : le sous-sol marin, la sédimentation qui génère le phytoplancton (vie végétale, algues) laquelle nourrit le zooplancton (micro-organismes vivants) qui est à la base de l’alimentation des poissons.

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