Au sujet du Stock de Merlu, que disent les scientifiques ?

Le laboratoire de Ressources Halieutiques de La Rochelle (Philippe Moguedet, IFREMER) effectue l’évaluation du stock de merlu du Golfe de Gascogne au Sud de la Norvège en lien avec le CIEM (Conseil International pour l’Exploration de la mer). Les dernières évaluations montrent que le stock de merlu est très largement surexploité et considéré comme en dehors des limites biologiques de sécurité. Raisons invoquées : surcapacité de pêche, prises massives de juvéniles (60 à 70% des captures), contamination des eaux.

Les observations de nous tous les surfeurs sont très souvent sujets aux gastro-entérites, otites, maladies de peau, tout le long de la côte basque. Ils observent que les émissaires des stations d’épuration donnent naissance à des champs d’algues.

C’est essentiellement la pollution des plages qui a fait bouger les mairies du littoral. L’accumulation des plastiques, bidons, filets de pêche et principalement l’entassement des troncs d’arbres ou morceaux de bois est incompatible avec les activités de plage et par ce fait a un effet néfaste sur le tourisme.

À cela s’ajoute le panneau "Baignade Interdite" du fait de la contamination des eaux de la plage, les protestations des baigneurs qui ressentent des picotements de peau ou attrapent des infections intestinales, des virus divers. Nous sommes dans le peloton de queue quant au palmarès des plages !

Il y a aussi une troisième observation que n’importe qui peut faire du bord de mer, de son bateau ou du hublot d’avion à l’approche de Parme : les courants de déchets flottants venant lécher nos côtes et les panaches d’eaux saumâtres bien distinctes émanant des estuaires ou des rejets ; ce sont habituellement les panaches de la Bidassoa, Baie de St Jean de Luz-Ciboure-Socoa, Untxin, Uhabia, Marbella et surtout de l’Adour.

Pendant des années les pesticides et engrais de l’activité agricole ont provoqué la mort des poissons de nos rivières ou entravé la migration de saumons, truites, anguilles, pilcates…

La pollution est observée partout

Les marées noires, Amoco Cadiz, Erika… ont mis en évidence la contamination par les hydrocarbures entraînant la mort d’oiseaux, de poissons et la dégradation du littoral et des activités de conchyliculture. La catastrophe de la montagne de déchets qui s’est effondrée en mer à La Coruña, en 1996, a mis en évidence un laxisme grave qui porte tort à tout le littoral.

On découvre que le lindane à Bilbao, le cadmium en Gironde ont un effet contaminant aigu, empêchant toute éclosion de vie. Récemment le dragage du Port de Douet à Oléron a entraîné la mort immédiate de 9 millions de bébés daurades royales de l’écloserie proche. Des phénomènes similaires se sont produits dans les bassins maritimes d’aquaculture en Chine. En fin 1980, 18.000 phoques sont morts en Mer du Nord ; entre 90 et 93, plus de 1.000 dauphins sur la côte de la Méditerranée, localement plusieurs centaines de mammifères sur la côte Aquitaine par an. L’autopsie découvre une surcharge de PCB.

Tous ces faits démontrent l’interdépendance entre activité humaine et environnement et l’urgence de mesures de prévention. La coupe est pleine.

Conclusion des observations :

La mer est bleue en surface mais contient un volume impressionnant de macro déchets (plastiques et autres) et de micro pollution (produits chimiques). Les études en estuaires et les faits cités sont, il me semble, assez révélateurs du lien entre pollution et ressource. 

Graphique des déchets ramassés sur les plages de la Côte Basque en 1999.

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