Nous avons certainement atteint un seuil : on ne peut plus faire n’importe
quoi ni en mer ni en rivières et estuaires ni en bords de mer ni à l’intérieur des terres. Nous sommes tous concernés par les problèmes d’environnement. La bande littorale et la grande bleue n’en peuvent plus !

Les marées noires qui font souvent les gros titres des médias ne représentent en réalité que 5% de la pollution marine sur toutes les mers du globe. La réalité est que 75% de la contamination des mers provient de la terre et se concentre dans la bande littorale, là où se reproduisent et vivent les poissons…

Comme les petits ruisseaux font de grandes rivières, les petites contaminations dues à notre activité humaine, à force de s’accumuler, conduisent à une situation dramatique de l’écosystème marin. Si nous avions la capacité de voir d’un coup d’œil ce qu’il y a au fond de la mer, nous serions stupéfaits!

La mer bleue en surface cache des territoires immenses d’immondices en tout genre, chose que personne d’entre nous ne serait prêt à accepter chez lui, à terre… Tel est le défi : continuer à prendre la mer, notre littoral, pour un déversoir et une décharge publique ou la respecter comme une mère nourricière pour tous.

Il est vrai qu’après des années de sommeil, un grand effort est en train d’être réalisé par les collectivités locales en matière d’assainissement des eaux, mais les mesures prises sont encore insuffisantes.

Pour repeupler l’océan en poissons, la communauté des pêcheurs a du pain sur la planche. Les Jeunes pêcheurs de la Côte Basque ont, pour leur part, bien reçu l’appel du merlu et tâchent de faire le nécessaire pour ramener les déchets à quai.

Cette plaquette éditée par notre revue Altxa Mutillak (Debout les Gars) est un engagement supplémentaire.

Nous donnons la parole à celles et ceux qui expérimentent la pollution de la mer (pêcheurs, scientifiques, services divers), nous en expliquons les causes essentielles, nous essayons d’éveiller les consciences pour que chaque membre de la filière de la vie se responsabilise et change de comportement.

C’est-à-dire nous tous, gens de mer et gens de terre. Nous sommes, donc, tous invités à ne plus vivre comme des fous.

En 2005 le poisson reviendra sur la bande littorale, le saumon et la pibale remonteront l’Adour avec bonheur, les pêcheurs assureront leur gagne pain, les surfeurs danseront sur des vagues propres, les plages ne seront plus contaminées… Rêve ou réalité? Cela dépend de notre attitude immédiate, individuelle et collective, en mer, en rivière, à terre.

L’océan fait partie de notre patrimoine commun : entendrons nous son appel ? ou continuerons nous à dire : "tais-toi et nage!"

Mikel Epalza (rédacteur de Altxa Mutillak)

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